Animales dificiles
Traduction : Myriam Chirousse

« Neuf ans, un mois et douze jours.
Je consigne : je m’appelle Bruna Husky et je suis techno-humaine. »
Ceux qui ont lu Des larmes sous la pluie, Le Poids du cœur et Le Temps de la haine connaissent déjà Bruna Husky. C’est une « rep », une réplicante. Ancienne rep de combat, elle a été transformée en rep de calcul. Elle sait désormais des choses dont elle ignorait même l’existence. Ces techno-humains avaient été créés à l’origine pour servir de main-d’œuvre esclave.
« Je suis un clone humain, j’ai été créée par gestation de quatorze mois dans une cuve de verre et d’acier. »
Et en ce 22 janvier 2111, à Madrid, il lui reste exactement neuf ans, un mois et douze jours à vivre.
L’histoire débute par un attentat contre Eternal, une entreprise spécialisée dans le stockage de flops : des centaines de cerveaux, flottent dans leur cuve comme des jaune d’œuf dans leur blanc, connectés à des ordinateurs quantiques. Une forme d’immortalité conduisant à des organismes super puissants réservée aux plus riches.
Face à cela, une résistance s’organise : le mouvement TOUS OU AUCUN, les « toussistes ».
L’auteur de l’attentat, Tin Octobre, appartient à cette jeunesse déguenillée, perdue, désespérée, dont des centaines de membres disparaissent mystérieusement. Sont-ils morts ? Ont-ils été enrôlés par des cyborgs diffusant une idéologie de violence, une façon de canaliser leur agressivité tout en leur offrant enfin une place dans le monde ?
L’inspecteur Paul Lizard, humain gigantesque, « granitique », à la fois taciturne et tendre, mène alors une enquête extraordinaire avec Bruna Husky et ses amis : le journaliste Mircéa, Yiannis l’archiviste humaniste, Bartolo le boubi goulu…
Rosa Montero nous plonge dans un monde fulgurant.
2111… si loin, si proche.
La mort. L’humanité. L’eau. L’air. La planète. Les autres planètes. La démocratie. Les autres, tout simplement. Le développement de l’IA. La fusion de l’humain et de la machine… ???
L’écriture de Rosa Montero est vive, nerveuse, sensorielle. Elle mêle l’efficacité du roman noir à une science-fiction profondément humaniste. Son style est à la fois tendu et poétique, porté par des dialogues rapides, des images fortes et une grande intensité émotionnelle. Sous le suspense et l’anticipation affleure constamment une réflexion existentielle sur la fragilité humaine, la mémoire, la peur de mourir et notre rapport au progrès technologique.
Une science-fiction brillante, politique et profondément incarnée.
Soaz.
Egalement de Rosa Monero chez Nyctalopes: La chair.









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